Biographie



Autoportrait - Danses macabres - 93

Jean-Baptiste Carhaix – Photographe

né le 8 mai 1946 à Le Golfe-Juan 06220 – vit à Lyon

Si j’ai très tôt pratiqué la photographie, je considère que je suis « entré en photographie » à partir du moment où j’ai commencé à exposer mes images en 1980. Les deux thèmes principaux qui alimentent ma création photographique sont la critique de la religion, en particulier la religion catholique romaine et une approche humoristique de la mort. « Faire la nique à la mort » est un parti-pris philosophique et esthétique.

De facto, le médium photographique – dans l’acte même qui le fonde – entretient un rapport symbolique avec la mort. L’appareil photo capture un infime fragment spatio-temporel qui ne se reproduira plus, ce que Roland Barthes a nommé un « ça a été »… rappelant le croassement poético-métaphysique de « l’oiseau d’ébène », le Corbeau d’Edgar Allan Poe, répondant à l’envi aux interrogations du narrateur, sur le rebord de la fenêtre, par un « never more », un « jamais plus ».

Mon premier sujet important fut de suivre les provocations politico-théâtrales d’un groupe d’activistes gays californiens anti-religieux : The Sisters of Perpetual IndulgenceSan-Francisco : 1981-1983 (distribué entre 1984 et 1987 par l’agence de presse Sipa).

Puis, ne me satisfaisant plus du simple reportage de leurs actions de rue, j’ai mis ces personnages en scène entre 1984 et 1996 (pendant les étés 1984-1987-1989-1993-1996). L’ensemble du travail de mises-en-scènes est doublé en N&B et en couleur.

Le sida faisait alors des ravages dans la communauté homosexuelle et certains de mes modèles en étaient atteints. La partie « reportage » montre entre autres le militantisme de ces activistes agissant comme des nonnes alternatives auprès des malades (1982-1983) : collectant des fonds pour les plus démunis, manifestant dans la rue afin de pousser le gouvernement fédéral à agir dans l’urgence, distribuant – après l’avoir rédigé – le premier tract prônant la prévention par l’usage du préservatif… Depuis 1984, je ne montre que la partie plasticienne.

Les mises-en-scéne(s) : la maladie vampirisait les corps de certains de mes modèles et rapidement la mort les achevait. La mort s’est alors immiscée dans ma photographie : cette réalité m’a fait cesser le reportage. J’ai alors tenté d’exprimer d’une manière moins anecdotique la tragédie qui se jouait. En 1984, j’ai commencé à mettre-en-scène ces personnages. La peinture et la sculpture baroques liant Eros et Tanathos en des postures et gestuelles extatiques, furent les références artistiques de ma création photographique.

C’est grâce à ces images que je me suis fait connaître au milieu des années 80. Elles ont souvent été rejetées, vilipendées mais parallèlement elles ont été présentées sur des cimaises importantes : celles de la Fondation Nationale de la Photographie, aujourd’hui Institut Lumière à Lyon en 1987, du Musée de l’Elysée de Lausanne et de l’Institut Culturel Français de Madrid en 1991, de la Bibliothèque Municipalede Lyon (Une rétrospective) et du Musée national de la Photographie à Helsinki en 1995 (Rétrospective également) et dans bien d’autres institutions et galeries françaises et étrangères (Italie, Hollande, USA). Elles sont entrées dans des collections particulières et institutionnelles.

Pendant les mois passés en France entre mes séjours californiens (cf. supra), je perfectionnais ma technique de développement des films et des tirages argentiques. Mais je n’abandonnais pas les prises de vues, certaines, documentaires : les séries « Serres abandonnées » et « Poussière d’Empire : les cimetières chrétiens abandonnés à Casablanca » et une autre plasticienne : « En ces jardins » (des bodybuilders ou des enfants déguisés hantant les nombreuses « Fabriques 1900 » de la Côte d’Azur et je les exposais.

Entre 1990 et 1993 j’ai développé une série de reportages sur les pèlerinages « mariaux », intitulée « Mariolâries » : sept reportages à Lourdes, trois à Fatima, un à Czestochowa en Pologne, un à Porcaro en Bretagne, un village où un abbé bénit les motos et les motards le 15 août, un dernier aux Saintes-Maries de la Mer dédié aux « servantes » de Marie. Les pèlerins se mettent en scène selon des codes très précis qui satisfaisaient ma lenteur d’exécution de l’acte photographique. A Fatima, j’ai voulu montrer l’ostentation douloureuse des croyants dans une « Gymnique de la piété » – comme l’écrit Robert Pujade*. J’ai également photographié les deux camps d’Auschwitz (Auschwitz I et Birkenau) lorsque je me suis rendu en Pologne en 1991. Je n’ai exposé que 3 photographies de cette série Mariolâtrie en janvier 2011 (des pénitentes à Fatima), et ce dans le cadre d’une exposition collective intitulée «Robert Pujade : La photographie saisie par le texte» (Galeries : Vrais Rêves et Domus / Lyon). Je considère le reportage comme un exercice technique même si je recherche des contenus qui correspondent à une réflexion critique.

 Afin de satisfaire mon besoin de mise-en-scène j’ai commencé, en 1992-1993, une série intitulée «Danses macabres, trophées et autres vanités» ; les dates montrent que je n’ai pas attendu la mode récente en la matière(cf. les expositions parisiennes de 2010-2011). Il me fallait alors faire le deuil de mes amis et modèles effacés de la vie. Le Livre des Vanités (Elisabeth Quin, éd. Du Regard : 2008) montre deux images de cette série (les reproductions pp. 214 et 245 dans la première édition, une seule en p. 214 dans la seconde).

 En 1994, ma cooptation dans l’Université (je suis Agrégé de lettres modernes et Docteur en langue et littérature françaises, spécialiste des rapports entre la littérature et les images) ainsi qu’en 1996, la fermeture des deux galeries qui me représentaient (Suzel Berna : Paris et Antibes) m’ont éloigné un temps de la création ; toutefois, mes photographies continuaient à être exposées.

 En 2003, j’ai décidé de m’installer définitivement à Lyon, alors que j’assumais encore des cours à Nice. J’ai choisi Lyon pour les facilités culturelles que cette capitale propose, facilités dont j’ai bénéficié (cf. curriculum : 1980, 1987, 1995, 2005, 2009, 2011, 2012). J’ai l’habitude de dire à ce propos « J’ai choisi de vivre à Lyon parce que je ne voulais pas mourir idiot sur la Côte !».

 Je n’ai eu cesse de réfléchir sur une esthétique moderne et humoristique de laVanité afin de sortir des vieux «clichés» et d’aborder humoristiquement le traitement de la Camarde : «Couleurs de la Mort, Poétique de Barbie et Mickey Business» (2008-2011) et «Vanités de l’enfance, enfants et vanités» (2009-2011 & +), «La Mort à fleur de peau : Tatouages et Vanités»(2011-2012 & +) sont les derniers résultats de cette recherche photographique.

 Enfin j’ai mis en scène le crucifix dans une série intitulée «La Croix, un instrument de torture : Bijoux » (2011-2012).En 2013, je continue de développer ces quatre dernières séries en ne m’interdisant pas de leur ajouter de nouvelles images. Si la série Sisters of Perpetual Indulgence fut réalisée dans l’immense studio à ciel ouvert, qu’est la ville magique de San-Francisco, les séries plasticiennes qui suivent sont réalisées en studio avec un éclairage professionnel.

 Un important diplôme de fin d’études à l’IEP d’Aix-en Provence a été consacré au sujet The Sisters of Perpetual Indulgence – San-Francisco ; il s’intitule Un regard photographique sur un groupe de pression. Auteur : Karine Couvreur / Directeur : Professeur Baldous / 2000-2001.

EXPOSITIONS PERSONNELLES

1980 :

  • Galerie Le Sténopé NICE : Cartes postales de San-Francisco : les premières photocopies en couleur alors interdites en France… par la Banque de France !

  • Galerie Sans Légende LYON : idem

1982 :

  • Alliance Française SAN FRANCISCO : Maroc : Le marché de chameaux de Goulimine

1985 :

  • Galerie Arléri : Centre régional de la photographie NICE : The Sisters of Perpetual Indulgence – Première exposition sur le sujet / Mises-en-scène(s) de l’été 1984

1986 :

  • Galerie Lo Païs DRAGUIGNAN : En ces jardins

  • Galerie municipale Mossa NICE : idem

1987 :

  • Bibliothèque municipale CAGNES SUR MER : Voyage, une séquence photographique

  • FONDATION NATIONALE DE LA PHOTOGRAPHIE Musée Lumière LYON : Carte Blanche à la couleur : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) de l’été 1984

  • Galerie Noire FORUM Cinéphoto NICE : idem

  • Gregory Ghent Fine Arts Gallery SAN FRANCISCO : idem

  • Galerie Christian Baccus CANNES : En ces jardins

1988 :

  • Centre Culturel AUPS : Poussière d’Empire

  • Centre Culturel Henri Matisse (une suite de 3 expositions sur un an) VENCE : En ces jardins, Serres abandonnées, Poussière d’Empire

  • Espace Gang CANNES : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984 et 1987

1989 :

  • Galeria L’Ariete ROME : idem

  • Galerie Suzel Berna ANTIBES : ibidem

 1990 :

  • Galerie Anne Roger NICE : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987 et 1989

  • Centre Culturel Le Parvis II : scène nationale TARBES : idem

1991 :

  • Institut Culturel Français MADRID : ibidem

  • MUSEE DE L’ELYSEE LAUSANNE : ibidem

  • Galerie Suzel Berna PARIS : ibidem

1992 :

  • Galerie de l’Université de MALAGA : ibidem

1993 :

  • Galerie Suzel Berna PARIS : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987, 1989 et 1993

  • Centre Culturel Le Parvis II, scène nationale : TARBES : Danses macabres, trophées et autres vanités

  • The Art Club OAKLAND : idem

  • Mois de la Photographie TALANT : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987, 1989 et 1993

  • Biennale de l’image NANCY : idem

1994 :

  • Saisons de la photographie TALANT : Danses macabres, trophées et autres vanités

  • Galerie Stimultania STRASBOURG : idem

  • Galerie Christian Braggiotti AMSTERDAM : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987, 1989 et 1993

  • Galerie Réattu ARLES : idem

1995 :

  • Galerie Suzel Berna PARIS : Danses macabres, trophées et autres vanités

  • THE PHOTOGRAPHIC MUSEUM OF FINLAND HELSINKI : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987, 1989 et 1993

  • BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE LYON : Rétrospective : The Sisters… + Danses macabres…

  • Galerie Nicéphore MONTPELLIER : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987, 1989 et 1993

  • Galerie photographique du Hall du Livre NANCY : Danses macabres, trophées et autres vanités

2001 :

  • MOIS DE LA PHOTOGRAPHIE DIEPPE : idem + 1996

2004 :

  • Musée du Ranquet CLERMONT-FERRAND : ibidem

2005 :

  • Galerie Vrais Rêves LYON : The Sisters… + Danses macabres…

2006 :

  • Rencontres Photographiques de Solignac – LIMOGES : Danses macabres, trophées et autres vanités

2009 :

  • Galerie Vrais Rêves – LYON : Couleurs de la Mort, Poétique de Barbie et Mickey business

2011 :

  • Galerie Vrais Rêves – LYON : Vanité de l’enfance, enfants et vanités

2012 :

  • Galerie In my Brain, LYON / avec la complicité de la galerie Vrais Rêves : La croix, un instrument de torture : bijoux

  • Mois du Livre et de la Photographie, TOURCOINGS / Maison Folie / Hospice d’Havré : The Sisters of Perpetual Indulgence – Mises-en-scène(s) des étés 1984, 1987, 1989, 1993, 1996

  • BM du 1er arrondissement / Condition des soies / LYON : The Sisters of Perpetual Indulgence : reportage 1982-1983

2015 :

Galerie Vrais Rêves, Lyon : Sang pour Sang : les crimes d’une religion

EXPOSITIONS COLLECTIVES

J’ai noté ma participation à des expositions collectives à partir du moment où mes photographies étaient montrées soit par des institutions ou des collectionneurs qui les avaient acquises, anciennement par la galerie Suzel Berna ou la galerie Vrais Rêves qui me représente aujourd’hui.

 1995 : Photographies prêtées par la galerie Suzel Berna Antibes – Paris :

 Galerie Howard Yezerski. Boston

 « Corps et âmes ». Maison de l’Amérique Latine. Monaco

 1994-1995 : Photographies dans la collection du Musée de l’Elysée Lausanne :

 « Comme dans un miroir : une exposition du Musée de l’Elysée de Lausanne, un musée pour la photographie ». Cette exposition a fait le tour de l’Europe pendant 2 ans.

 2000 : Photographies dans la collection de la BM de Lyon :

 « 12 photographes et le sacré ». Septembre de la Photographie : Mapra. Lyon

 2005 : Photographies dans la collection de Madeleine Millot-Durrenberger Strasbourg :

 « Une image possible du monde ». École des Beaux-Arts. Nîmes

 « Irréelle beauté ». Musée de Breda. Hollande

 2012 : idem

 Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Besançon

 2011 : Photographies dans la collection de Marcel Burg Strasbourg :

 « Corpus delicti » Galerie In Extemis. Strasbourg

 2007 : Photographies la collection de la BM de Lyon :

 « Humanités ». Galerie Domus. Lyon

 2008 : Présentation des photographes de la Galerie Vrais Rêves :

 Centre Culturel. Albigny

 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 : Accrochages collectifs à la Galerie Vrais Rêves : Tous les mois de décembre un accrochage intitulé : « La galerie fait sa foire« . Lyon

 2005, 2009, 2011 :

 Les mois de juillet et d’août dans les salons de l’Hôtel du Musée. Arles

 2011 : Accrochages : galeries Vrais Rêves et Domus :

 « La photographie saisie par le texte » (textes de Robert Pujade). Lyon

 2013 :

 Accrochage de la collection Fabrice et Christine Treppoz :

 « Soleil Noir ». Galerie Domi Nostræ. Lyon

Accrochage de la collection Marcel Burg : Galerie No Smoking. Strasbourg

2014 :

Photo Art Fair : Confluences, Lyon